Gérard

1) Shipping Lab : Comment as-tu débuté dans le monde maritime ?

Gérard : Très jeune, vers 16/17 ans, j’ai appris et pratiqué la chasse sous marine, ce qui m’a fait découvrir le monde subaquatique, et m’a incité à devenir plongeur professionnel (Scaphandrier) à 20 ans en 1953, devenant membre d’une SCOOP d’hommes grenouilles dont le siège était fixé dans une péniche sur la Seine.

 

2) Shipping Lab : Quelle est ta formation et quelles sont tes activités aujourd’hui ?

Gérard : Ma formation est essentiellement issue tout d’abord de l’école laïque et l’obtention  du  CEP, le certificat d’études primaires chers à nos instituteurs et qui nous permettait de savoir lire, écrire et compter à l’âge de 12 ans.

Par la suite, j’ai suivi une formation  de menuisier ébéniste pendant trois années dans un centre d’apprentissage. Ce qui m’a beaucoup aidé par la suite dans les TPSM, ou travaux publics sous-marins, milieu où la connaissance du travail manuel occupe une large place.

Pour la suite, je n’ai pas de titre universitaire mais une classification délivrée par le ministère du travail pour la profession. Je suis donc scaphandrier mention A. c’est-à-dire titulaire d’un certificat de formation hyperbare me donnant accès aux travaux sous-marins.

J’étais aussi classe III, tant qu’il m’était possible d’exercer médicalement PPA (Pilote privé avion) et aussi certifié pour la conduite de navires de moins de 25 tonneaux. J’ai surtout participé et été présent au sein des commissions créées par le Ministère du Travail pour la réalisation des premières règles de sécurité, en 1974 et par la suite l’étude du dossier qui a conduit à la mise en place d’un centre de formation professionnel.

 

3) Shipping Lab : Qu’est ce que tu affectionnes dans ton job ? Quels en sont les avantages et inconvénients ?

Gérard : Notre « job », c’est une noble mais aussi quelquefois redoutable profession. C’est pour ces deux raisons que je l’ai toujours pratiqué avec passion.

C’est un métier, où rien n’est jamais pareil et où il faut innover à chaque fois. Le scaphandrier, c’est un homme polyvalent dans un environnement qui l’est tout autant et auquel il faut chaque fois s’adapter.

J’ai été chef d’entreprise et le premier jour de chaque chantier, c’est une découverte, car il faut envisager que si sur le papier tout est prévu, quand on aura l’habit et la tête sous l’eau ce ne sera pas du tout pareil.

Enfin pour décrire ladite passion, alors que je suis retraité, je m’efforce de continuer à participer. Je crois et surtout j’espère que cela va durer longtemps.

 

4) Shipping Lab : Quelle est ta vision sur le rôle de Shipping Lab pour le secteur ?

Gérard : Aristote disait « Il y a trois sortes d’hommes, les morts, les vivants et ceux qui vont sur la mer » nous les scaphandriers, nous avons ajouté « ceux qui vont sous la mer ». Ce qui me fait dire qu’il serait dommage que Shipping Lab ne fasse pas état, de ce domaine en pleine expansion, loin de nos années pionnières. Il serait donc nécessaire que vous y recherchiez des contacts.