Pauline

1) Comment as-tu débuté dans le monde maritime ?

A la question « que souhaites-tu faire plus tard ? », je ne savais que répondre : parler anglais, voyager, apprendre sans cesse, avoir un impact sur la société.

Je me suis toujours laissé porter au gré des opportunités qui se présentent et que j’aime à saisir. Le droit maritime n’était pas une vocation et je n’en avais jamais vraiment entendu parler avant d’arriver à l’Université du Havre. J’ai choisi cette matière optionnelle car je ne me voyais pas quitter la ville du Havre sans comprendre son activité principale.

C’est ainsi que mon histoire maritime a débuté. A moins que ce ne soit dû à mon grand-père qui travaillait dans la Marine Marchande, ou à mon enfance passée au bord de la mer, ou encore à ma passion pour l’Angleterre et l’envie d’étudier la mer qui la sépare de ma Normandie natale…

 

2) Quelle est ta formation et quelles sont tes activités aujourd’hui ?

Après une Licence de droit parcours Bilingue Anglo-américain à l’Université du Havre, j’ai choisi de rester très généraliste avec un Master 1 droit privé. Je n’avais alors aucune idée de ce que je voulais faire. Le droit maritime m’avait plu mais je ne savais pas où ça me mènerait. J’ai donc pris une année pour réfléchir à mon orientation tout en étant assistante de français dans une grammar school en Angleterre. Le droit m’a manqué et j’avais envie d’en savoir plus sur le domaine maritime: mes problèmes d’orientation ont ainsi été résolus.

Je suis restée en Angleterre pour y poursuivre un L.LM de droit maritime international à l’Université Queen Mary de Londres. Ma meilleure année d’étude (et la plus difficile aussi) ! Au cours de celle-ci, j’ai eu l’occasion de réaliser un ‘vacation scheme’ dans l’une des plus grandes sociétés d’armateurs: Andros Maritime Agencies Ltd. C’était intense mais passionnant car j’avais l’impression d’être au cœur de l’action ! Dans le cadre de mon mémoire, j’ai eu la chance de rencontrer des professionnels du monde du sauvetage et de participer à la Conférence annuelle de la ‘International Salvage Union’. Je suis devenue une vraie « Shipping Geek » !

L’opportunité d’un stage de six mois dans le département Maritime du cabinet international ‘Holman Fenwick Willan’ de Paris s’est ensuite présentée. J’y ai acquis une vision pratique du droit maritime et développé des qualités essentielles au métier de juriste : recherche, analyse, précision et persévérance.

 

3) Qu’est ce que tu affectionnes dans ton job ? Quels en sont les avantages et inconvénients ?

Je viens de terminer un second stage et n’occupe donc pas encore d’emploi. Mais si le monde maritime m’attire c’est notamment pour sa diversité illustrée par tous les portraits dressés par Shipping Lab : diversité professionnelle, culturelle et même si elle est encore peu visible, sexuelle. Oui Messieurs, le monde maritime se féminise !

Le droit maritime réunit tout ce que j’ai toujours voulu et les critères que je listais à l’éternelle question de l’orientation professionnelle : international, concret, en constant renouveau, sans limite que les océans.

 

4) Quelle est ta vision sur le rôle de Shipping Lab pour le secteur ?

Avez-vous vu la TED TALK de Rose George : « Inside the secret shipping industry » ? Ce qu’elle dit est incroyable de justesse. Elle explique que le monde souffre de « sea blindness » si bien que l’industrie maritime, aussi importante et indispensable soit-elle, est invisible.

Shipping Lab est une vitrine formidable de ce monde passionnant peu connu et reconnu. Il s’agit de changer l’image surannée qui colle à l’industrie maritime pour en montrer la diversité,  l’ouverture, l’importance de l’humain ainsi que les constantes innovations faites dans ce domaine.