Pierre

1) Comment as-tu débuté dans le monde maritime ?

A priori, je ne me destinais pas du tout à travailler dans l’industrie du transport et encore moins dans le maritime. Mes études devaient me conduire vers la finance après une maitrise d’économie à Sorbonne. La crise financière de 2009, Kerviel, mon avenir professionnel me semblait plutôt compromis. Le monde de la banque, après l’avoir entre aperçu, ne me plaisait plus tant que ça.

Petit changement de cap ! Après quelques recherches, je m’inscris au Master Transports Internationaux. Une formation en alternance de deux ans. Dans le même temps je postule chez SDV (Groupe Bolloré). Les deux candidatures ont été acceptées. Mes premiers pas dans le monde maritime avec ses ports et ses porte-conteneurs…

 

2) Quelle est ta formation et quelles sont tes activités aujourd’hui ?

Le Master Transports Internationaux à la Sorbonne offre une formation plutôt généraliste. Les étudiants étant tous de formations différentes (économie, géographie, urbanisme,sciences politiques, …), il s’agit de mettre tout le monde au même niveau. La spécialisation se fait ensuite avec les affinités concernant les différents sujets.

Transports aériens, maritimes, routiers, fluviaux, rails, le droit, l’économie, le développement durable, l’urbanisme, … tous les sujets sont abordés. La cerise sur le gâteau : des voyages en Chine, en Syrie, Anvers, Rotterdam, Marseille, Rouen et Le Havre pour découvrir le monde portuaire, les infrastructures de transports.

Dans le même temps, chez SDV, j’ai découvert le métier de commissionnaire de transports.

Il s’agissait de créer des solutions de transports pour des acteurs industriels tels que Air Liquide, Areva, Alstom ou Total. Du simple camion complet entre Marseille et Persan à l’affrètement d’un navire colis lourd avec des pièces de plus de cent tonnes entre Shanghai et Sepetiba au Brésil, le métier devient très vite très intéressant.

Tu travailles avec le monde entier toute la journée, du Japon aux USA en passant par le Golfe de Guinée !

J’ai passé quatre ans chez SDV, la combinaison master et la formation reçue en entreprise par de très grands professionnels a été plutôt fructueuse. J’ai été approché par Schenker France en 2014 pour faire partie du développement de la branche projets industriels et trois anciens collègues de chez SDV m’ont rejoint. En deux ans, j’ai voyagé en Chine, en Pologne, en Afrique du Sud, en Algérie, en Allemagne, à Singapour. Le bilan est plutôt positif !

 

3) Qu’est ce que tu affectionnes dans ton job ? Quels en sont les avantages et inconvénients ?

Nous ne connaissons pas la routine. Chaque dossier est différent. Nous sommes en contact avec le monde entier toute la journée. Tu passes du Mexique à la Chine en passant par la Turquie, l’Afrique du Sud et la Pologne en une journée.

Par ailleurs, les dimensions des équipements à transporter sont souvent hors normes. C’est aussi un des aspects qui me passionne le plus dans ce métier.

La technicité des opérations et la valeur des équipements impliquent beaucoup de déplacements à l’étranger pour suivre les opérations de chargements et déchargements de ces énormes colis.

Enfin, j’ai la chance de travailler avec des partenaires très différents (transport route, maritime, aérien, fluvial). La confiance est très importante dans ce métier et cela influence beaucoup le comportement des personnes avec lesquelles tu travailles. On se soutient mutuellement que ce soient les clients ou les fournisseurs. C’est très agréable.

En revanche, c’est un métier assez stressant.

 

4) Quelle est ta vision sur le rôle de Shipping Lab pour le secteur ?

Pour moi Shipping Lab c’est donner l’opportunité à un plus grand public de connaître ce milieu. Plus précisément de le faire connaître aux plus jeunes, aux lycéens, aux étudiants.

Il y a tellement de jeunes qui sortent du collège, du lycée ou des études secondaires sans avoir une réelle conviction dans leur futur professionnel. Pour eux, c’est leur offrir une corde de plus à leur arc. La mer fait rêver beaucoup de monde mais on ne connait pas encore le potentiel qu’elle peut nous offrir.