Romain

1) Shipping Lab : Comment as-tu débuté dans le monde maritime ?

Romain : C’est en réalisant mon mémoire de recherche, dans le cadre du master II en droit social de l’Université de Nantes, que j’ai pu mettre un pied dans le monde maritime. Mon mémoire concernait la filière des énergies marines renouvelables en France et en Europe, du point de vue du droit du travail et de la formation professionnelle.

Mes recherches m’ont permis de mieux comprendre les problématiques actuelles de l’industrie maritime, comme les tensions sur certains métiers, la concurrence des pavillons étrangers à la législation accommodante, etc. Surtout, j’ai réalisé les impacts que l’environnement maritime a eu et continue d’avoir sur la construction du droit social. Il faut assurer un équilibre entre la souplesse qu’implique l’élément marin et la protection des intérêts des travailleurs. Si cette combinaison est complexe à mettre en œuvre, elle est surtout passionnante.

 

2) Shipping Lab : Quelle est ta formation et quelles sont tes activités aujourd’hui ?

Romain :Mon parcours est relativement atypique dans le monde du droit. Initialement titulaire d’un DUT GEA (Gestion des Entreprises et des Administrations) j’ai travaillé durant trois ans avant de reprendre mes études.

J’ai effectué l’ensemble de mon parcours juridique à l’Université de Nantes. Après une licence en droit privé, j’ai beaucoup hésité entre un master en droit social et en droit de l’environnement. Ayant choisi de me spécialiser en droit social, j’ai pu lier ces deux matières qui me tiennent à cœur avec mon mémoire.

J’avais envie de réaliser ce mémoire par rapport au potentiel que la filière EMR représente en France et dans le monde, en terme de sauvegarde de l’environnement, de création d’emplois et pour la dynamique des territoires.

 

3) Shipping Lab : Qu’est ce que tu affectionnes dans ton job ? Quels en sont les avantages et inconvénients ?

Romain :Ayant tout juste terminé mon parcours universitaire, je n’occupe pas encore d’emploi. Idéalement, je souhaiterais intégrer un poste juridique dans une structure liée aux EMR, afin de contribuer à la structuration de la filière et à la mise en place d’une démarche prospective des emplois et des compétences. Bien entendu, les entreprises qui se sont lancées dans les EMR sont fréquemment positionnées sur d’autres secteurs d’activités. Un juriste au sein de ce type de structures se doit donc d’être polyvalent, et c’est ce qui me plaît dans ce métier.

Tout m’intéresse dans ce nouvel univers que je découvre de jour en jour. Ainsi, je ne suis pas focalisé sur les EMR mais suis ouvert à d’autres propositions dans le monde maritime, sur des fonctions juridiques ou pluridisciplinaires.

 

4) Shipping Lab : Quelle est ta vision sur le rôle de Shipping Lab pour le secteur ?

Romain :En terme de surface maritime, la France occupe aujourd’hui la seconde place mondiale derrière les Etats-Unis. Pourtant, ce potentiel semble insuffisamment utilisé. De plus, l’industrie maritime n’attire pas suffisamment les jeunes lorsqu’ils choisissent leur orientation, malgré la diversité des métiers et parcours professionnels proposés.

À ce titre, je pense que Shipping Lab a un rôle important à jouer en contribuant à rendre plus attractif le monde maritime auprès des jeunes. La mer est pourvoyeuse d’emplois, que ce soit sur des métiers marins traditionnels ou dans l’ingénierie, le courtage, etc. Si le gouvernement et les organismes de formation ont un rôle important à jouer, c’est l’ensemble des acteurs du secteur qui doivent agir de concert pour changer l’image des métiers de la mer. Shipping Lab peut fédérer autour de ce projet commun.

Par ailleurs, l’image positive que renvoie les EMR auprès du public, de par leur coloration environnementale, est susceptible de constituer un levier supplémentaire pour la revalorisation de l’ensemble du secteur maritime.