Zoé

1) Comment as-tu débuté dans le monde maritime ?

Lors de mes études de Droit, je souhaitais rejoindre à terme une filière internationale et j’avais au fond de moi une passion certaine pour la voile et la mer en général. Le Droit maritime correspondait donc parfaitement à mes aspirations !

J’étais particulièrement fascinée par le transport maritime mondialisé et préoccupée par la préservation de l’environnement marin. J’ai effectué un Mémoire sur la problématique des pertes de conteneurs en mer qui m’a permis de proposer de nouvelles mesures de sécurité au sein de la Délégation française de l’OMI à Londres, dont notamment la pesée obligatoire des conteneurs avant leur chargement.

Ensuite, les opportunités et les expériences se sont poursuivies au sein de la Division Sécurité Maritime de la Direction des Affaires Maritimes, puis aux côtés d’avocats maritimistes ou encore chez l’armateur MSC.

 

2) Quelle est ta formation et quelles sont tes activités aujourd’hui ?

J’ai suivi la formation d’avocat de l’EDAGO à Rennes. Je suis titulaire d’un Master de Droit et Sécurité des Activités Maritimes et Océaniques, effectué à la Faculté de Droit de Southampton et de Nantes, en partenariat avec l’Ecole de la Marine Marchande.

Aujourd’hui, je travaille au sein du département maritime du Cabinet CHOISEZ AVOCATS, reconnu pour son expertise en droit des Assurances. Je traite pour ma part ce qu’on appelle communément les cargo claims ainsi que les contentieux liés à la plaisance. Les dossiers sont très variés : avaries de marchandises transportées, évènements de mer (collisions, naufrages…), vices de construction de yachts, droit du travail des marins, vols de matériels sur des navires de plaisance, etc.

Parallèlement, j’essaie de dégager du temps pour rédiger des articles, suivre les divers colloques qui intéressent les « droits maritimes » ou participer à des conférences, par exemple sur le sujet des EMR.

 

3) Qu’est-ce que tu affectionnes dans ton job ? Quels en sont les avantages et inconvénients ?

Ce que j’apprécie tous les jours, c’est la richesse de la matière. Le droit maritime a de nombreuses facettes (shipping, yachting, pêche, droit du littoral, gens de mer, construction, pour ne citer que quelques exemples), qui elles-mêmes soulèvent des questions différentes.

Les problématiques juridiques en sont d’autant plus intéressantes. Selon les dossiers, on fait appel au droit civil, public, pénal, commercial, ou encore international et européen. La matière est également très influencée par la jurisprudence, mais aussi par les pratiques des professionnels du milieu ou des particuliers, comme on le voit avec le phénomène de la « plaisance collaborative » ou ubérisation des navires.

Les sujets de réflexion se renouvèlent ainsi toujours. Ensuite, l’avantage du métier d’avocat est sa flexibilité et son absence de monotonie ! Chaque journée se déroule au rythme de la rédaction des conclusions ou consultations, des expertises, des rdv clients ou des audiences. L’inconvénient, ce serait peut-être les imprévus réguliers, qui demandent beaucoup de réactivité, d’organisation et d’adaptation. C’est le cas lorsqu’il faut saisir un navire par exemple !

C’est par ailleurs un métier très exigeant, qui n’autorise aucune erreur. Il faut être rigoureux, mais c’est le lot de tout un chacun qui possède une conscience professionnelle !

 

4) Quelle est ta vision sur le rôle de Shipping Lab pour le secteur ?

Shipping Lab peut permettre aux acteurs du milieu maritime de partager leurs réseaux, leurs visions, leurs idées, leurs connaissances et leurs difficultés. Le droit maritime doit s’adapter aux évolutions, proposer des solutions et être vecteur d’innovations. Shipping Lab peut être une source d’amélioration et de dynamisme en ce sens.